J.P. TEXIER et I. GERBAUD exposent à la foire photo du 30 avril

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 En complément de la foire au matériel photo, deux expositions ont occupé l’Espace Alexandre Gautier.

JEAN-PAUL TEXIER

JEAN-PAUL TEXIER a été le premier photographe a exposer sur la scène lors de la FOIRE PHOTO 2017. Le public ravi a pu découvrir ses grands formats et ses bâches sur papier calque mettant en scène avec talent son regard incroyable sur la nature à travers ses végétaux séchés photographiés sur fond blanc

JEAN-PAUL TEXIER : UN MONDE VEGETAL QUI INTERROGE

L’artiste précise : « Il me convient de m’attarder sur la nature, de constater son long dépérissement. Temps de mémoire, d’une énergie transformée en solide qui nous convie au silence de la forme et de la matière et du sens. »

Olivier Tacheau ancien conservateur des Bibliothèques Universitaires d’Angers, le connaît bien pour l’avoir invité à exposer de nombreuses fois. « Né dans la plaine de Vendée en 1954, Jean-Paul Texier vit actuellement en Loire-Atlantique. Après des études d’arts plastiques à Rennes, il choisit d’être enseignant et construit parallèlement une vision personnelle du réel dans son travail photographique.  La mémoire du dessin, le besoin de poser un regard distancié sur le monde qui l’entoure pour voir ce que plus personne ne voit, l’amènent à s’intéresser aux végétaux qu’il cultive, prélève, ramasse et qu’il regarde peu à peu se transformer pour en tirer des formes et des images. Scénographe, metteur en scène et plasticien de l’éphémère, Jean-Paul Texier s’est spécialisé dans ce végétal mort et séché qu’il met en scène au travers d’expositions originales mêlant, avec talent et contraste, ses grands tirages à des installations monumentale de branches, souches, feuilles ou bois récupérés.

En fait « Jean-Paul Texier porte un regard sensible sur la matière et le temps, sur l’intime, sur l’intériorité humaine, en s’intéressant aux formes et aux processus inéluctables de la vie et de son altération. »

Benoît Decron, conservateur Musée Soulages, ajoute : « Jean-Paul Texier avoue son admiration pour Denis Brihat et Jean-Pierre Sudre. Tous les deux incarnent une photographie en noir et blanc précise et construite, à la française : Brihat s’inspire de la nature et use de procédés subtils comme des virages au sélénium ; Sudre, avec son épouse Claudine, a joué de matières et de lumières, pour photographier des natures mortes, fruits, fleurs, vaisselle… Chez Texier, le silence d’une bribe de végétation, dépouillée, frontale, majuscule, entre en résonance avec les œuvres des deux photographes. Il y ajoute cependant une certaine brutalité de l’image, stimulée par la polychromie. Au-delà du plaisir esthétique, les fleurs de Texier balancent entre élégance et obscure sexualité. »

Joelle Lebailly a très bien saisi l’impression qui se dégage des installations de Texier comme celle que nous avons découvert à Varades.

« Il photographie des végétaux fanés : fleurs d’arums, tulipes… Ces fleurs semblent être au stade ultime de leur vie et de leur métamorphose. Elles sont asséchées, presque minérales. L’extrème précision de la description photographique s’allie à une mise en scène de la fleur sur un fond blanc- dans le studio et ensuite dans le cadre- qui exalte le dessins  de la plante et les couleurs.

En photographiant cette transformation du végétal, Jean-Paul Texier fixe non pas la disparition mais l’éternité, comme stade ultime et parfait de la vie. »

Avec une démarche  proche de celle du peintre, son travail est une confrontation à l’expérience et une silencieuse promenade intérieure.

Benoît Dacron, du Musée Soulage, conclut :  « Depuis plus de vingt ans, Jean-Paul Texier consacre ses prises de vue aux plantes et aux fleurs séchées, qu’il cultive, prélève, récupère. Il les choisit pour leurs formes déconcertantes et leurs couleurs, tout en les installant, agrandies sur un fond blanc, très lumineux. L’effet aveuglant de ce dernier pousse la composition vers le regardeur. Comme dans les herbiers de cimetière, ces fleurs ont une troublante charge mortifère et cela malgré leur vive parure. Elles témoignent de la fugacité d’une existence, celle de plantes et renvoie naturellement à notre propre vie. 

Ses séries expriment une essence, une saturation de couleurs que la putréfaction ne saurait éteindre. Moisissure noble, lenteur de la transformation : comme on vieillit le vin, la fleur se raréfie et se singularise par ses tiges saisies dans leur élan vital, par les feuilles grimaçantes, par la séduction des fleurs fanées, comme fardées. »

JEAN-PAUL TEXIER : LE REEL ET LE VEGETAL

« Il est vrai qu’étant d’origine rurale, mes pensées ont sans doute été orientées par les regards que je posais sur la nature, le paysage plat de la plaine vendéenne… ses arbres isolés, sa végétation. Un « regard refuge » m’a orienté, à certaines époques, vers un apprentissage de  l’observation, du dessin, et finalement conduit à la photographie.

J’ai toujours été attiré par le réel et le végétal. Ce n’est pas un refus de l’humain, je photographie aussi des  personnages, mais peu à peu la nature m’a conduit vers un temps photographique hors du temps de l’humain, un temps plus lent, où mon regard peut ciseler tranquillement ce réel.

 La nature offre des sources inépuisables de couleurs, de matières, de matériaux, de formes, de symboliques aussi.

Le temps nécessaire au flétrissement, à la sécheresse, au regard et à la mise en œuvre, m’a peu à peu conduit vers une photographie éloignée de l’humain social, mais en même temps introspective et très proche de « l’essentiel » dans l’humain.

Tant mieux si mes images, sans dates, sans repères sociaux donnent  à voir, se donnent pour d’autres libertés de pensées et de voyages ; j’en suis heureux ».

A signaler le projet, dès 2018, de Jean-Paul Texier de monter des STAGES DE PHOTOGRAPHIE. Pour toute demande de renseignement le contacter via son site : http://artetphotographie.fr/

Ivan GERBAUD

Ivan GERBAUD a investi quant à lui le hall du complexe pour nous faire découvrir CUBA par une somptueuse série de grand format combinant couleurs et spontanéité.

Le photographe est né en 1951 à Bazoges-en-Pareds (Vendée) et fait ses études à Luçon. Il décroche le bac (en 1968 !). Il obtient une maîtrise en géologie en 1972 et commence de nombreux voyages en Afrique, Asie, Amérique et en Europe.

Après de nombreux jobs, Ivan Gerbaut entreprend une formation d’ébeiniste et s’intalle comme artisan d’art.  Il suit une formation d’ingénieur informatique et devient responsable du service informatique de la coopérative des maraichers nantais (camn) pendant plus de 20 ans. 

Désormais retraîté, Ivan Gerbaut pratique la photographie depuis une dizaine d’années au sein du photo club de Pont-Saint-Martin. Ses voyages lui servent souvent de motifs pour ses séries.

Outre ses nombreux voyages et ses expositions photographiques, Ivan Gerbaud, est un fan de bricolage et de dessin.

De quand datent vos débuts de photographe ?

«  Mes premieres photos et tirages datent de mes 15 ans. Mon père fabriquait ses bains à partir d’hyposulfite …  et autres. »

Votre parcours photographique ?

« Photos de voyages en Yougoslavie, Iran, Afghanistan, Pakistan, Inde etc à partir de1972. Je suis adhérent au photoclub de Pont Saint Martin depuis huit ans et j’expose depuis quatre ans (photos de rue noir et blanc, photos style pop art, reportage cuba et cette année « appropriationisme » par photo montage)

Votre matériel ?

« Actuellement, j’utilise un réflex plein format nikon d750 + 35mm+300mm. »

Vos espérances ?

« Mes espérances sont comblées pour l’heure. Je ne souhaite pas trop me spécialiser. »

Vos tendances ?

« Tout azimut. Très bon accueil pour mes photos à l’ancienne (humaniste) »

Votre collectif Éphémère ?

« Sympa. J’aime bien l’idée d’une photo plus personnelle (un regard particulier) »

Votre goût  pour l’appropriationnisme ?

« C’est un courant dans lequel je suis bien placé étant peintre et amateur des grands surréalistes. Voilà un réel plaisir de créer ! » 

 

 

 

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